Lors d’une négociation, dire à un fournisseur que ses prix ont beaucoup monté, il saura quoi rétorquer.

Lui dire qu’il y a eu quatre hausses depuis janvier, cumul +14 %, aucune baisse, alors que l’indice a reflué en mars et en juin, c’est une autre conversation.

Vous posez un fait.

Comparatif : le fournisseur dispose de l'historique complet des prix facturés dans son CRM, l'acheteur a les mêmes données dans sa comptabilité mais pas la mémoire des variations

Quand un fournisseur vous annonce une revalorisation tarifaire, il a relu l’historique avant d’envoyer le mail. Référence par référence, avec les dates. C’est dans son CRM, le commercial l’a vérifié.

Vous avez exactement la même information. Elle est dans votre comptabilité fournisseurs. Sauf qu’elle n’y est pas sous une forme qui permet de répondre en une demi-journée.

Ce déséquilibre n’est pas commercial, il est documentaire. Et c’est lui qui explique le reste : les hausses de coûts remontent la chaîne en quelques semaines, les baisses s’arrêtent quelque part avant vous. Pas par malveillance. Parce qu’une seule des deux parties tient la comptabilité de la relation.

Ce qu’il faut pour la tenir

Rien que vous n’ayez déjà.

Pas de contrat à ressaisir, pas de tarif fournisseur à récupérer, pas de relevé à mettre en place. Vos lignes de factures d’achat sur deux ans suffisent : qui, quoi, quand, combien, à quel prix.

Une réserve, et elle se vérifie en trente secondes : certains exports comptables agrègent les lignes par compte plutôt que par produit. Dans ce cas la référence a disparu, et tout ce qui suit devient impossible. C’est la première chose à regarder, avant même de parler d’analyse.

Quatre lectures en sortent.

L’asymétrie. Pour chaque couple fournisseur-référence, on compare l’amplitude cumulée des hausses à celle des baisses sur la période. Un couple qui n’a connu que des ajustements vers le haut pendant que sa matière première a corrigé deux fois.

Le meilleur prix réellement payé. Pour une référence donnée, sur douze mois, tous fournisseurs confondus, appliqué à vos volumes réels. Ce n’est pas une modélisation de coût, c’est un fait tiré de vos propres factures.

Les écarts entre fournisseurs sur une même période. Même référence ou même famille, achetée à deux endroits dans le même trimestre, à des prix qui divergent. Le symptôme de la commande passée chez le fournisseur habituel pendant qu’un accord existe ailleurs. Le coût n’est d’ailleurs pas seulement l’écart de prix : un fournisseur qui constate que les volumes annoncés n’arrivent jamais cesse doucement de faire ses meilleures conditions.

Le poids croisé avec la dépendance, enfin. La part de chaque famille dans votre dépense, croisée avec le nombre de fournisseurs distincts réellement utilisés dessus. Une famille lourde servie par une source unique, ce n’est pas une catégorie d’achat, c’est une exposition.

Pourquoi ces quatre lectures ne sortent pas d’un tableur

L’objection est légitime : deux ans d’exports empilés, un tableau croisé dynamique, et on approche du résultat. Le problème n’est pas là.

Un export ERP est une photo. Vous le sortez le 5 du mois, il vous dit où vous en êtes. Le mois suivant vous en sortez un autre, vous le collez sous le précédent dans un classeur, et vous appelez ça un historique.

Sauf qu’un ERP est un système vivant. On y corrige un prix unitaire trois semaines après la saisie. On reclasse une référence quand quelqu’un s’aperçoit qu’elle est dans la mauvaise famille depuis deux ans. On rattache une ligne à un autre fournisseur après un litige. Ces corrections sont légitimes, et elles sont rétroactives.

Résultat : le fichier de novembre ne contient plus la version d’octobre. Elle a été écrasée, donc elle n’existe plus nulle part. Vous empilez des photos en croyant filmer.

D’où le choix d’architecture de Clairvia : un import ne remplace pas le précédent, il s’ajoute au précédent. Chaque ligne porte une empreinte calculée sur sa clé métier. Si elle revient identique, elle est écartée comme doublon. Si elle revient modifiée, on enregistre quelles colonnes ont bougé, avec la valeur avant et la valeur après.

Votre historique, c’est un export par mois. Le fichier que vous exportez ne vaut pas grand-chose tout seul. Gardé, daté, comparé au précédent ligne à ligne, il finit par contenir la seule chose que votre fournisseur possède et que vous n’avez pas : la mémoire exacte de ce qu’il vous a facturé.

Dans le négoce industriel, cette même logique de mémoire des prix prend une forme plus structurée avec le standard FAB-DIS que s’échangent chaque mois industriels et distributeurs. Voir comment transformer ces fichiers en pilotage actif des marges.

Cédric Beaujon — Clairvia Voir ce qu’on lit dans un historique d’achats · Faire lire vos exports